Depuis le 1er novembre 2025, les plages d’heures creuses EDF changent progressivement pour des millions de foyers français. Le principe reste le même (un prix du kWh réduit sur certaines tranches horaires), mais les créneaux bougent. Avec l’apparition d’heures creuses en journée et des plages différentes selon la saison, la question mérite d’être posée : cette réforme rend-elle l’option plus rentable, ou complique-t-elle simplement la donne ?
Heures creuses en journée : ce que la réforme change concrètement
Avant novembre 2025, les heures creuses se concentraient la nuit, souvent entre 22h et 6h. Le fonctionnement était simple : on programmait le chauffe-eau et le lave-linge pour qu’ils tournent pendant le sommeil.
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La réforme introduit deux changements majeurs. D’abord, les heures creuses incluent désormais un créneau en journée, entre 11h et 17h, pouvant aller jusqu’à 3 heures. Ensuite, les plages varient selon la saison : saison haute (hiver) et saison basse (été) n’auront pas les mêmes créneaux.
Pour les premiers concernés (environ 2 millions de clients), les heures creuses nocturnes sont fixées entre 23h et 7h, avec au moins 5 heures consécutives. Le total reste à 8 heures par jour. Entre décembre 2026 et novembre 2027, plus de 9 millions de foyers supplémentaires verront leurs plages évoluer. Les clients concernés sont prévenus au moins un mois avant le changement effectif.
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Vous avez déjà remarqué que votre compteur Linky affiche des plages différentes de celles de votre voisin ? C’est normal : les horaires exacts sont fixés par Enedis, pas par votre fournisseur. Ils dépendent de la zone géographique et de la configuration du réseau local.

Seuil de rentabilité des heures creuses : le calcul que personne ne fait pour vous
L’option heures pleines/heures creuses n’est pas un cadeau. En contrepartie d’un tarif réduit pendant 8 heures, le prix du kWh sur les 16 heures restantes est plus élevé que le tarif de base. L’abonnement est aussi légèrement supérieur.
Le seuil à retenir : l’option n’est rentable que si au moins 30 % de votre consommation est réellement déplacée en heures creuses. En dessous, vous payez plus cher qu’avec un simple tarif de base.
Pourquoi ce seuil est difficile à atteindre pour beaucoup de foyers ? Parce que les postes de consommation réellement programmables sont limités :
- Le chauffe-eau électrique, qui représente une part significative de la facture et se programme facilement via un contacteur jour/nuit
- Le lave-linge et le sèche-linge, à condition d’accepter qu’ils tournent la nuit ou en milieu de journée
- La recharge d’un véhicule électrique, un poste lourd qui fait basculer le calcul en faveur des heures creuses
- Le lave-vaisselle, dont la consommation unitaire reste modeste
Si vous chauffez au gaz, que vous n’avez pas de véhicule électrique et que votre foyer consomme surtout le soir (cuisine, éclairage, multimédia), la part de consommation déplaçable tombe bien en dessous des 30 %. Dans ce cas, rester au tarif de base coûte moins cher que l’option heures creuses.
Heures creuses EDF et production solaire : la logique derrière la réforme
L’ajout d’un créneau de milieu de journée n’est pas un hasard. La production d’électricité solaire atteint son pic entre 11h et 15h, ce qui crée régulièrement des surplus sur le réseau. En été, ces surplus peuvent même faire chuter les prix de gros de l’électricité.
En déplaçant une partie des heures creuses vers cette fenêtre, la réforme incite les consommateurs à absorber cette production au moment où elle est abondante. C’est une logique de réseau : mieux répartir la demande pour éviter les pics de consommation du soir, quand les centrales thermiques doivent compenser.
Pour les foyers équipés de panneaux solaires en autoconsommation, la situation se complique. Pendant le créneau 11h-17h, leur production propre couvre déjà une partie de leurs besoins. Consommer du réseau pendant ces heures au lieu de leur propre production n’a pas de sens économique. La réforme profite davantage aux foyers sans installation photovoltaïque.

Offre EDF Zen Estival et compteurs 3 kVA : deux évolutions à surveiller
La réforme des heures creuses n’est qu’une pièce du puzzle. EDF a lancé une offre saisonnière appelée Zen Estival, qui propose des « heures super creuses » en journée pendant l’été. Cette offre cible spécifiquement les foyers capables de concentrer leur consommation l’après-midi en saison chaude.
Autrement dit, le choix ne se limite plus à « tarif de base ou heures creuses ». Il existe désormais plusieurs options concurrentes chez un même fournisseur, chacune adaptée à un profil de consommation différent. Comparer les offres entre elles devient indispensable avant de souscrire.
Autre changement prévu : l’ouverture de l’option heures pleines/heures creuses aux compteurs 3 kVA au 1er août 2026. Jusqu’ici, ces petits compteurs (studios, petits logements) étaient exclus du dispositif. Cette extension pourrait intéresser les locataires de petites surfaces équipés d’un ballon d’eau chaude électrique.
Vérifier la rentabilité avant de changer de contrat
Avant de basculer, consultez votre espace client Enedis pour connaître vos plages horaires exactes. Analysez votre courbe de charge sur Linky : elle montre heure par heure où se concentre votre consommation. Si le gros de vos kWh tombe entre 18h et 22h (le pic classique des familles), l’option heures creuses ne fera qu’alourdir votre facture.
La réforme améliore objectivement l’intérêt de l’option pour les foyers disposant d’équipements programmables et d’une consommation flexible. Pour les autres, le tarif de base reste souvent le choix le plus sûr. Les nouveaux horaires ne changent pas cette règle de fond : sans capacité à déplacer sa consommation, les heures creuses restent une fausse économie.

